A la Poule au Pot, Jean-François Piège magnifie la cuisine bourgeoise

Je m’en faisais une telle joie, aller découvrir La Poule au Pot, une institution des Halles tenue depuis un an par Jean-François Piège. Je n’ai pas été déçu, c’était gargantuesque, terriblement bon, voir très cochon. Une carte de totems de la cuisine bourgeoise, old school à souhait, servis dans des portions plus que généreuses. Récit ci-dessous.

D’abord côté décor, le chef n’a pas touché à grand-chose. C’est dans son jus, le sol est encore penché (c’était une ancienne boucherie, la pente servait à évacuer le sang), avec des photos de stars passées par ici, un côté kitschouille vraiment rigolo et une vaisselle assez splendide dans un genre pas sobre, mais tellement charmant. Je commence avec la galantine de canard, une charcuterie composée d’une viande farcie au centre. J’avais des souvenirs sympathiques de celle de ma grand-mère (de volaille), ici c’est version canard, avec un caractère bien trempé côté farce comme gelée, c’est foufou, j’adore ça.

Les cuisses de grenouille en persillade, généreusement farinées puisque bien croustillantes, c’est huileux comme pas possible, mais finalement pas si lourd, bien texturé, très parfumé, au top à nouveau.

Le Fig’ l’a élue meilleure soupe à l’oignon, je devais la goûter et en effet quel bonheur. D’abord le consommé est délicieux, ce n’est pas excessivement sucré ou écoeurant (ce que l’oignon peut donner), et puis le fromage, en quantité orgiaque, a vraiment du goût.

Côté plat, voilà le feuilleté de ris de veau aux morilles. Allez, si je devais émettre un bémol au repas c’est ici, la sauce crémée, le feuilletage beurré, le ris de veau à la texture très fondante, j’ai légèrement saturé. Délicieux oui, un peu lourd tout de même… mais délicieux (je l’ai déjà dit ?).

Je n’aurais jamais eu l’idée de prendre le parmentier, mais une consoeur me l’avait conseillé alors je me suis lancé et je n’ai pas regretté. La purée, le dessus croûté, et surtout la viande, joue et queue de boeuf ultra-fondantes, c’était vraiment irrésistible.

On ne mollit pas côté desserts, j’ai adoré cette île flottant XXL Je ne suis pas un partisan des pralines roses mais ici elles apportent leur texture sans que ce soit excessivement sucré. Et puis il y a la dose de vanille.

On termine sur un excellent baba, la part est énorme, la chantilly légère mais pas trop, l’imbibition parfaite, le rhum bien présent, bref, ça envoie.

Je n’avais pas fait d’orgie pareille depuis un moment, c’était vraiment un beau déjeuner. Les prix sont hauts, mais le restaurant a désormais son étoile et les portions sont souvent suffisantes pour deux ! Entrées entre 16 et 46 (le homard), plats entre 28 et 52, desserts entre 12 et 16. Gratinée à l’oignon, parmentier et île flottante sont les éléments les moins chers de la carte et franchement vous pouvez y aller les yeux fermés pour ce programme-la !

9, rue Vauvilliers, Paris 1.

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