Brasserie Bellanger, du neuf avec du vieux

Allez, comme je suis un vieux grincheux, je vais commencer par vous raconter ce qui m’énerve. Depuis un an, il n’y a plus que des brasseries à Paris. Des vieilles brasseries rénovées ou de nouvelles brasseries qui font comme les vieilles, en forçant un peu sur la gouaille parigote. Ce préambule clos, je suis là pour vous parler de la dernière en date, la Brasserie Bellanger, ouverte par le duo Victor & Charly, qui avait pop upé par le passé dans Paname, mais je dois avouer que j’étais passé à côté.

Avouons que le lieu est plutôt joli, sans être bourré de cliché, l’équilibre visuel trouvé est agréable, comme la terrasse et les carafes kitschissimes en forme d’animaux (je les veux). Sur la carte, à gauche des fromages et charcuteries, au milieu les entrées, à droite les plats (les desserts, faudra les demander). On s’est fait une triplette, à prix raisonnables. 2 euros, l’oeuf mayo « A ok », 7 euros les rillettes (qui sont de volaille mais se sont avérées bien relevées) et 6 euros les poireaux vinaigrette.

Focus sur ces derniers, parce que c’est un peu le maître étalon de la brasserie, ils sont très bons, bien assaisonnés, bien cuits, avec quelques croûtons texturant. Pour le prix, pour le moment, on est impeccable.

On me l’avait fortement conseillé et c’est vrai qu’il assure, ce croque madame, parce qu’il est bien croustillant et bien moelleux à coeur, que les ingrédients sont de plutôt bonne tenue et qu’il y a ce qu’il faut de fromage. Très réconfortant, 10 euros, ça vous fait un repas complet pas mal si vous êtes dans le quartier le midi.

La saucisse purée, 13 euros ce coup-ci. La saucisse au couteau (aveyronnaise, nous dit-on), est de fort bonne facture, avec un peu de caractère et un gras bien dosé. Le jus est plutôt pas mal, petit bémol sur la purée qui manque un peu de gourmandise (de BEURRE ?).

Excellent paris-brest, qui fait déjà la réputation du lieu. Il est croustillant, ça a l’air d’avoir été monté minute, il y a un peu de praliné coulant pour faire un peu plus pâtissier, il est léger, très bon point.

Sablé breton, crème diplomate, framboises et groseilles. C’est fait avec sérieux, le coup de zeste de citron vert est sympa. Le paris-brest est quand même un bon niveau au-dessus. Ici je dirais que le rapport biscuit-crème est un peu trop en faveur du premier, et que celui-ci manque aussi d’une bonne pincée de sel. Mais c’est tout à fait correct.

En bref, une expérience réjouissante, on en a pour son argent, tout est fait avec beaucoup de sérieux et remplit tout à fait son objectif. Ca me semble un chouïa plus cher (à vérifier) que le Bouillon Pigalle (qui est probablement l’inspiration de tout ce mouvement), mais j’ai préféré mon repas ici, plus constant.

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