Chez Anna, cocktails et petites assiettes décapantes

Je ne connais pas l’adresse mère, Tannat, qui jouit d’une très bonne réputation près de Goncourt, mais je connais désormais son annexe, Anna, tout juste ouverte, quelques rues plus loin. Le concept ? Dans un décor de bois foncé – mine de rien, ça change beaucoup de la bullshiterie scandinave servie partout, miroirs au plafond, des bons vins, quelques cocktails et surtout une cuisine moderne, de petites assiettes à partager gourmandes et malicieuses.

J’aurais du mal à être parfaitement impartial face à cette nouvelle oeuvre du trio de Tannat (Ariane Stern, Simon Auscher et le chef Olivier Le Corre), parce que la carte semble composée d’une succession de clins d’oeil à mes passions personnelles (promis, je ne connais pas ces gens). On commence avec la passion n°1, le pâte croûte, parfaitement équilibré; La pâte bien croustillante, le farce giboyeuse, puissante, la rondeur de la touche de foie gras, le petit piquant du raifort, c’est un excellent spécimen, je m’en referais bien une tranche.

Une salade qui ne paye pas de mine mais a fait tout plein de choses pas catholiques à mon palais (je vous passe les détails descriptifs) : riz soufflé, mélisse, coriandre et sésame. C’est frais, avec le goût presque boisé du sésame, la fraicheur des herbes et la maxi-croustillance du riz soufflé, qui fait vraiment une base idéale de salade. Magnifique découverte.

Le poulpe, autre de mes passions, ici servi en churros (servi semble-t-il avec le tentacule entier chez Tannat). L’animal pourrait être un peu plus fondant, mais la mayonnaise est bien relevée et la touche de bonite séchée assaisonne à merveille. Souvent, dans les takoyaki (les boulettes de poulpe japonaises dont ce grignotage est inspiré), la dose de bonite qui gigote sur le dessus me dégoûte un peu, là ça vient juste donner un petit coup de peps, condiment style.

Très très cochons, ces travers de porc parfaitement fondants, laqués avec un genre de sauce barbecue acidulée et sucrée, relevée par une pointe de gingembre. Je craque vraiment, c’est junk à souhait, et comme j’ai l’habitude de dire : je m’en mets partout et j’adore ça. Je culpabilise un peu, j’ai l’impression qu’après chacun de mes passages dans un restaurant il faut passer le karcher tant je suis maladroit. Mais je ne culpabilise jamais longtemps.

Encore une passion (je vous jure qu’ils ont du lire dans mes pensées), des mac and cheese au cheddar et aux champignons. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est léger, mais c’est bien moins crémeux que des mac and cheese normaux et pourtant parfaitement addictif.

Ca continue dans la cacedédi très personnelle avec les desserts. Ici un vacherin, qui mêle deux de mes fruits préférés (coco et pamplemousse) et du litchi. C’est admirablement léger, meringue comme crème et j’apprécie l’envie de proposer de vrais desserts, avec le détail important du sorbet. Excellent.

J’adooooOOOOOoooore le coing et voilà une tatin de coing avec une grosse quenelle de chantilly qui débarque sur la table. Le fruit est très fondant mais se tient encore bien pour donner l’impression de croquer dedans. Le caramel est assez poussé en cuisson, les parfums sont profonds, entêtants, presque fumés. J’ai goûté le dernier dessert, aux bananes caramélisées, praliné et dulce de leche, une autre bombe de gourmandise.

En bref, j’ai absolument adoré mon passage chez Anna avec en plus un sympathique cocktail à la pomme, au concombre et à la verveine. On peut y venir pour boire un verre en grignotant ou comme moi pour faire un vrai festin, l’endroit se prête à tout (ouvert le soir en semaine et en continu le week-end). Les prix me semblent justes et raisonnables, ce qui ne gâche rien.

Petites assiettes entre 6 et 11 euros (le pâté croûte).
Assiettes à partager entre 10 potimarron rôti et 43 euros (la volaille).
134 – 136 rue Saint-Maur, Paris 11.

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