Coup de coeur pour la cuisine d’EP7, nouveau lieu hybride

Dans le 3e arrondissement, je suis entouré de concept stores dont le concept m’échappe complètement, genre « librairie-coffee shop-atelier de macramé ». EP7, c’est un nouveau lieu très conceptuel aussi, mais j’ai été tout de suite séduit par ce que j’y ai trouvé. Et ça ne se trouve pas dans le 3e, mais dans le 13e, près de la Bibliothèque François Mitterand, qui n’est pas franchement une planque à bonnes tables.

Le premier effet Kiss Kool, c’est cette façade numérique, qui diffuse des expositions directement sur la rue (à cette heure-ci, le lieu, qui a ouvert il y a une semaine, diffusait encore des infos pratiques). EP7 est l’oeuvre de l’équipe du Point Ephémère, salle emblématique du quartier Stalingrad. A l’extérieur, cette expo donc et à l’intérieur des DJ-sets en soirée et des activités à l’étage du milieu (ouvert sur l’extérieur), qui seront amenées à se développer, yoga et compagnie. Le plus intéressant (pour moi en tout cas), c’est LA BOUFFEUH. Comme au Point Ephémère c’est l’excellent label Animal Records & Kitchen (à la fois label de musique ET label de food) qui tient les fourneaux.

Au rdc, une cantine pas chère avec des sandwichs qui avaient l’air vraiment canons (comme au Point Ephémère) ou leur fameux banana bread que j’aime beaucoup. Au dernier étage, le restaurant, le vrai, où je me suis attablé. Le chef d’Animal Kitchen, Antonin Girard était là pour filer un coup de main en période d’ouverture, mais c’est un nouveau, Adrien Tran qui tient ici les cuisines (passé par le Verre Volé et Au Passage). On commence avec un de mes classiques de bistro préférés, les poireaux vinaigrette. Ici ils sont fermes comme j’aime, il y a une pointe de wasabi (discrète) et surtout de jolies chips de panais et et topinambour qui apportent du croquant et de la ricotta fumée. Un poireau vinaigrette pas fainéant du tout.

Mon plat, de la bombe, un lieu jaune à la plancha. Il repose sur un lit de purée de panais (très équilibrée, le panais ne défonce pas tout sur son passage), mais il y a aussi quelques navets boule d’or magnifiquement glacés et croquants et une sauce vierge aux agrumes qui lie le tout à merveille. J’ai saucé copieusement tout ce qui dépassait et les petits dés d’agrumes frais faisaient toute la merveille du plat.

Le plat de ma camarade du jour, hampe de boeuf, carottes, purée de cèleri et sauce chimichurri. Je n’ai pas pu le goûter mais il me donnait bien envie. Le lieu vient d’ouvrir, mais il y a un déjà un bel équilibre entre simplicité et main de cuisinier. Le produit est travaillé, mais pas trop.

On s’est partagé les deux desserts. Le premier, ci-dessus, pas vraiment runway ready avouons-le, un crumble de pomme et gingembre avec une crème fraiche à la bergamote confite. C’est simple, goûteux, bien beurré, le fruit se tient, un bon crumble.

L’autre dessert, une méga-claque : cake à la cannelle et chantilly au sirop d’érable. Le cake est incroyablement moelleux, la cannelle prononcée sans être piquante et la chantilly formidablement légère. Le genre de desserts simples mais absolument addictifs qui faisaient déjà la force du Point Ephémère.

Un vrai coup de coeur pour la cuisine d’Adrien, juste, colorée, appliquée sans être trop sérieuse. Le menu est court, deux entrées, deux plats et deux desserts et devrait changer tous les jours ou presque en fonction des arrivages, tant mieux. De manière générale, la team Animal Records & Kitchen ira très loin et je me plais à les suivre. Le lieu manque encore un peu de chaleur – la déco n’est pas encore terminée, mais on est bien dans ce bâtiment vitré de tous les côtés en bordure de Seine.

Entrée + plat, 23 euros.
Entrée + plat + dessert, 27 euros.
Entrées 8 euros, plats 18 euros, desserts 6 euros.
133 Avenue de France, Paris 13.

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