Flaubert, le bistrot tradi de la famille Rostang

On l’oublie parfois quand on liste les papes de la « bistronomie » (dans le sens de cette gastronomie de chef transvasée dans un bistrot plus accessible), mais Michel Rostang fut le premier il y a 30 ans à ouvrir un bistrot juste à côté de son restaurant gastronomique (où j’ai vécu par deux fois de très jolis repas). Un bel anniversaire pour ce Flaubert, surnommé le Bistrot d’à Côté, fêté sous la baguette du chef Romain Bréchignac.

Gnocchis à la parisienne, ris de veau et champignons, une entrée tout en moelleux automnal, bien crémée, généreuse, nappante. Un genre de bol de réconfort qui résume bien l’esprit de l’endroit qui mise avant tout sur des recettes canailles et des traditions revigorantes. Attention, rien de trop lourd pour autant, les gnocchis sont même aériens.

Mon plat, très simple, presque ménager, me dis-je en le voyant arriver. Une fricassée d’araignée de cochon avec des pommes de terre grenailles et des olives taggiasche. Ménager oui, mais ce que l’intitulé ne dit pas c’est qu’il y a quand même une main de chef derrière ce jus tout en rondeur, judicieusement gras. La viande est moelleuse et l’olive vient faire office d’assaisonnement. Simple, mais bon.

Ca c’est le plat de mon camarade du jour et je suis un peu jaloux parce que ce que j’ai goûté de meilleur à ce repas, c’est cette courge butternut rôtie à la moelle arrosée par un jus bien poivré. C’est fondant mais plein de caractère, la star de ce plat, malgré la belle pièce de boeuf d’Aubrac. Comme quoi même dans un restaurant plutôt viandard, on ne néglige pas l’accompagnement.

Mon dessert, devant le décor vraiment fun du lieu, dans son jus, tout en kitsch joyeux, comme ce coq aux couleurs du pays. C’est une poire pochée façon bourdaloue, avec une crème aux amandes donc. La poire est bien cuite, j’aime bien les petits morceaux de fruits secs qui croustillent. La crème aurait pu être un peu plus lisse, moins rustique, mais c’est gourmand.

Une jolie table rétro, avec son charme et quelques touches de modernité à la carte apportées par le chef (nous avons pioché pour notre part dans les plats les plus traditionnels). A noter un menu.à 28 euros, entrée, plat et café gourmand.

Entrées 15 euros, plats 25 euros, desserts 10 euros.
10 rue Gustave Flaubert, 75017.

 

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