Ibrik Kitchen, la cuisine des Balkans en plein Paris

J’avais très envie d’aller découvrir Ibrik Kitchen. D’abord parce que c’est l’oeuvre de la très sympathique Cathy (Ecaterina Paraschiv de son nom complet), déjà derrière le coffee shop Ibrik. Ensuite parce qu’elle qui est d’origine gréco-roumaine a choisi de délaisser la Méditerranée pour ce nouveau restaurant qui met en avant ses racines balkaniques. Une cuisine franchement rare à Paris.

A noter, une toute petite carte de cocktails, que je souligne parce que le mien m’a ravi, très doux en alcool mais très parfumé, aloe vera, crème de coco, coco râpée, coriandre, rose, avec un alcool de mastic. Ca me met en jambe dans ce joli décor, tons très clairs mais joli contraste avec le marbre noir des tables. En plus sur la notre il y a trois chandeliers dont la cire bave, un petit côté décadent qui n’est pas pour me déplaire.

Côté cuisine, la jeune femme s’est entourée de deux copains roumains, Bogdan Alexandrescu et Ovidiu Malisevschi avec une consigne claire, de la vraie cuisine roumaine, authentique, sans chichis bistronomiques. D’ailleurs le discours me convainc dès cette première entrée, du pastrami (ou « pastrama » ici), boeuf saumuré avec un bois récupéré par les chefs dans une forêt roumaine, accompagné d’une touche de truffe roumaine elle aussi (Cathy m’explique que la plupart des truffes italiennes qu’on trouve chez nous sont en réalité totalement roumaines). Les tranches ne sont pas trop fines, c’est très parfumé, fumé aussi d’ailleurs, puissant, légèrement rustique mais surtout addictif.

L’autre entrée, surnommée « cheesus christ », de la polenta braisée fourrée d’un fromage mou, sur de la crème fraiche. La crème fraiche est présente à tous les étages, mais sa légère acidité fait du bien à ce plat costaud, plaisant, qui aurait pu mériter un coup de grill sur la polenta, un peu de texture par exemple.

Mon plat, des genres de choux farcis accompagnés de polenta et de crème fraiche. Les choux sont assez fabuleux, parce que la feuille est saumurée, légèrement acidulée, lui donnant un côté feuille de vigne exquis. C’est sur ce plat qu’Ibrik Kitchen trouve sa voie, quelque chose de rustique mais travaillé.

Le dessert qui fait mouche, de petits beignets ronds et croustillants sur un lit de crème fraiche, avec un peu de confiture maison et de réduction de vin chaud. A nouveau c’est réconfortant, addictif.

L’autre dessert, du potimarron rôti au miel de thym avec des noix. Un dessert de cuisto, c’est sûr, qui aurait pu bénéficier d’un poil d’assaisonnement supplémentaire, (une pointe de sel, des herbes…). Il y a tout de même une composition simple et savoureuse.

J’ai eu un vrai coup de coeur pour ces choux farcis. Dans l’ensemble, l’endroit dégage une belle âme et beaucoup de potentiel. Je dirais tout de même que le côté rustique très assumé pourrait ne pas être trahi tout en ajustant très légèrement le curseur de la sophistication côté dressages ou variété des accompagnements (je crois d’ailleurs que c’est déjà en route, à voir les dernières photos). Oh et ne partez pas sans goûter les beignets en dessert (de toute manière, vous qui allez au resto en sautant toujours le dessert, sachez que je ne vous aime PAS:)

Entrées entre 6e50 et 12e, plats entre 18 et 22, desserts autour de 8 euros.

9 rue de Mulhouse, Paris 2.

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