Incroyable déjeuner étoilé à l’Agapé

L’Agapé fête ses 10 ans cette année, une belle longévité pour ce restaurant étoilé relativement discret mais dont on entend toujours du bien et dont on se souvient souvent parce que Bertrand Grébaut y a obtenu l’étoile avant de monter son Septime. Le décor, dans des tons taupes, évite habilement le côté « resto chic de quartier d’affaires » dont souffrent beaucoup de tables du 17e, avec quelques touches chics dans la vaisselleries et la déco.

Depuis deux ans, c’est le Japonais Yoshitaka Takayanagi qui tient les cuisines, faisant partie de cette belle vague de chefs japonais qui maîtrisent à merveille la cuisine française gastronomique. Passé par le Grand Véfour, il aligne les assiettes très classes, plutôt classiques, avec de belles pointes de malice. On commence par cette exquise salade de tomates anciennes, toutes très savoureuses et plus ou moins fermes, avec un peu de fraise ananas et de la burrata. Une association peu excentrique et pourtant on redécouvre le plaisir de la salade de tomates.

Les cuisses de grenouilles quel bonheur, ici en croquettes elles sont parfaitement exécutées. Un petit condiment à l’ail noir épatant, une émulsion de ciboulette, de la courgette jaune et des feuilles de verveine cristallisées, c’est splendide, tout simplement.

Grand moment avec ce rouget à la peau frite et ultra-croustillante, les écailles se dressent sur le dessus, c’est magnifique. A côté l’artichaut décliné est un bonheur, relevé par de l’olive noire.

Un plat d’agneau, avec une délicieuse purée d’aubergine (au charbon végétal, ce qui explique sa couleur). L’agneau est très bien exécuté mais la trouvaille c’est au fond, cette incroyable petite aubergine confite, coiffée de petits morceaux de sardine et de citron confit. C’est à la fois dou comme un nuage et surpuissant, fabuleux !

Une pavlova aux fruits exotiques, délicieuse et immaculée. Je l’ai beaucoup aimée, même si j’en ai un peu marre de la pavlova. A côté, la très bonne glace à la banane est accompagnée d’un grain de poivre verveine de Taïwan (on me l’a présenté sous ce nom) qu’on croque, la sensation de fraicheur est très intéressante.

Le dessert chocolat café, qui n’est pas vraiment ma passion en général, mais celui-ci est intéressant. j’adore les petits raisins macérés au cognac au fond.

Bien sûr avec un menu à 109 euros, c’est une adresse gastronomique et pas un petit plaisir du quotidien. Reste une expérience fabuleuse, ma meilleure expérience d’étoilé depuis un bon moment, que je ne peux que conseiller.

51 rue Jouffroy d’Abbans, Paris 17.

 

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