La collection de Noël de Fauchon, qu’est-ce que ça vaut ?

Je ne suis pas un habitué de Fauchon. La vénérable maison n’est pas dans mes quartiers et quand je pénètre une de ses boutiques je ne m’y sens pas toujours à ma place. Mais je me suis rendu de bon coeur à la petite fête de Noël de la maison et je n’ai pas regretté, oh ça non.

On commence par cette splendeur qui trônait fièrement sur le buffet salé. Quand je vois ça, je fonds. C’est un pâté en croûte bien sûr, avec pour nom le damier volaille truffe. La farce fine, de volaille donc, est naturellement assez douce en parfums comme pour beaucoup de pâtés de volaille, rehaussée en son centre centre par une alternance de canette, foie gras de canard et une fine couche de truffe du Périgord. Techniquement c’est irréprochable, la pâte à koulibiac est parfaitement cuite et croustillante. La truffe est discrète, mais je m’en accommode bien. Je me demande si je ne ferais pas mieux de mettre ça sur la table à Noël, plutôt qu’une bûche. Sébastien Monceaux, le chef du salé, a fait du bon boulot.

J’ai beaucoup aimé le bloc de foie gras au coing, j’adore le coing du coup j’ai trouvé l’idée formidable (duh !).

Les « petits fours » sont assez tentants, dans leurs boites à tiroirs, le saumon gravlax était très bon et charnu, j’ai retenu aussi l’espèce de terrine avec un morceau de foie gras au centre et une carotte jaune autour, genre maki de luxe. Certains étaient plus anecdotiques, mais la boite fait son effet.

Côté salé, c’était la première bûche du tout nouveau (et ultra-talentueux) chef pâtissier François Daubinet. Une composition complexe, qui allie mousse à la vanille de Tahiti, insert au kumquat (confit lentement, un délice), genévrier et gin. Le résultat est une petite prouesse tant chaque élément se succède sur le palais, je ne comprends pas comment il a réussi à ce que les quatre éléments s’imposent (avec aussi un très joli croustillant à la base). La découpe de la grande bûche (au-dessus vous ne voyez que la petite) est d’ailleurs très jolie avec son insert de kumquat rond au milieu.

A noter aussi, de nouveaux parfums de macarons, conçus par le chef et produits par la Maison Pascal Caffet. Il y en a un au caramel de cacahuètes qui m’est apparu redoutable. Du classique joliment exécuté en salé, de l’innovation en sucré (avec un des très grands chefs de demain), je n’ai pas regretté ma venue.

Bien sûr les prix de cette maison de luxe ne sont pas tendres, mais le travail est très solide.

Pâté en croûte, 100 euros le kilo.
La bûche, 120 euros pour 6/8 personnes.

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