La Traversée, excellent bistrot, prix riquiqus

Je suis fier du bobo que je suis, capable de quitter son confort du 3/10/11e arrondissement pour aller jusqu’au XVIIIe, rendez-vous compte ! C’était pour la bonne cause, avec la découverte du charmant bistrot moderne La Traversée, ouvert cette année par un trio ultra-sympathique qui a su placer le curseur de la déco au bon niveau (charmant/chiné mais pas bricolo-surfait).

Première hallucination dans ce continent inconnu, le prix ! Un menu entrée + plat + dessert (à midi) à 20 euros ! Pour un bistrot moderne, en plein Paris, c’est fou et tellement réjouissant. Et en plus l’assiette suit. Au dessus, une première entrée poireaux crayons grillés, sauce vierge noisette, lard de colonnata. On aperçoit à peine le lard, fondant sur l’assiette, mais il apporte une touche salée, presque fumée, divine. Il y a aussi des câpres pour l’acidité, des petits trucs croustillants par ci par là. Bref un « poireau vinaigrette » de star, qui joue l’empilage avec finesse et sans oublier la cuisine, j’ai adoré.

L’autre entrée, tout aussi bistrotière, des rillettes de raie.à la salicorne, au yuzu et à l’aneth. Notez que c’est généreux, malgré le prix. Les rillettes sont fondantes mais gardent une certaine mâche et yuzu et salicorne l’assaisonnent brillamment. C’est l’archétype des entrées bistronomiques, un oeil vers le passé, une main de cuisiner bien d’aujourd’hui, de la générosité et pas mal de sincérité aussi.

Encore une belle assiette qui donne envie de se ruer sur la fourchette : bonite, riz venere, coriandre, cébettes, raifort. J’apprécie la mâche de ce riz noir, le poisson qui s’effiloche tendrement et le coup de bambou du raifort.

Mais je regrette quand même un peu mon choix parce qu’en face ma camarade du jour se retrouve face à cette montagne de gourmandise. Boeuf de Salers, pommes de terre fumées, sauce chimichurri. Alors oui, on « fume » tout et n’importe quoi ces jours-ci, ça lasse, mais les patates fumées pour moi c’est toujours un succès (oh oh oh). La sauce chimichurri balance entre gras et acides et dessus le petit nid d’échalotes frites rend ce plat vraiment addictif.

La meringue au combava brûlée, c’est la bonne idée de ce petit dessert simple mais efficace. Le sablé breton amène du croustillant, seule la glace bergamote/yuzu n’est pas tout à fait au niveau à cause d’une texture granuleuse.

Le dessert au chocolat avec cette grosse quenelle de ganache dense et intense (un guanaja 70%). En glace, l’association panais/tonka fonctionne bien.

Un endroit bourré de charme, des prix imbattables, ce qu’il faut de créativité et de précision (à l’exception des glaces, mais je suis sûr que ça va se régler). La Traversée est une belle adresse qui mérite d’être connue de tous ! Le soir, elle la joue plutôt tapas/petites assiettes avec un nouveau mixologue qui arrive ces jours-ci dans l’équipe, il me faudra y retourner pour découvrir l’autre face de l’endroit.

Entrée + plat : 17e.
Entrée + plat + dessert : 20e.
2 rue Ramey, Paris 18.

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