L’Office renaît de fort belle manière

L’Office avait très bonne réputation sous sa forme précédente, alors l’une des trois tables de Charles Compagnon du quartier (avec le Richer juste en face et le 52). Mais Compagnon a vendu et le restaurant est entre de nouvelles mains, repris par Charles Nikitits (passé par le Royal Monceau et la Maison de la Truffe). Le décor a aussi changé, le lieu, un peu sombre auparavant, est désormais lumineux, avec son très joli vert pastel et quelques plantes.

En cuisine, le chef s’appelle Charley Breuvart, un ancien de la belle équipe du Park Hyatt. A noter qu’il utilise beaucoup de produits du potager familial du patron, se laissant porter par les inspirations du jardin. L’entrée démarre très fort, avec cette épaisse roue de butternut cuite al dente (c’est fondant, mais avec une belle mâche). Elle est agrémentée de girolles, de pickles de champignons shimeji et d’un jus de viande pas trop corsé. Nous étions aux premiers jours de septembre et l’assiette criait le début de l’automne, avec beaucoup de parfums et de coeur.

Le plat tient le rythme sans mal. Un beau tronçon de poitrine de cochon fondante et grillotée, impeccablement cuite avec quelques légumes et une purée de brocolis. Ce qui est très fort c’est le petit condiment au dessus du cochon, mélange de sésame noir et de cacahuète mixée. C’est drôle parce que cela ressemble à du boudin et au goût j’ai même cru que c’était du boudin au premier coup de fourchette (avant d’analyser la situation de manière UN PEU PLUS LUCIDE). C’est en tout cas délicieux.

Je n’ai pas grand chose à en dire puisque ce n’était pas mon plat, mais regardez cette jolie compo autour des rougets et d’un genre de bouillabaisse émulsionnée. Ca brille.

Mon dessert, un aspic de prunes, une crème à la cardamome et un crumble aux noisettes. C’est plutôt bon, la gelée est parfumée, les petites fleurs dessus puissantes. Mais ce n’est clairement pas le meilleur moment du repas, le crumble manque un peu de générosité côté beurre.

Reste un très joli repas qui m’a convaincu sans mal, pour un restaurant qui renaît de ses cendres sans se renier côté style. Entrées entre 8e50 et 11e, plats entre 20 et 29, desserts à 10 euros.

3 rue Richer, Paris 9.

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