Orties, élégant bistrot du 9e

Le train des bistros parisiens à la mode est du genre rapide, si bien que je le vois souvent me passer sous le nez. Mais il est agréable d’aller découvrir un restaurant alors que l’agitation est passée, voir ce qu’il a vraiment dans le ventre. Thomas Benady, qui avait avant cela sa table à Boulogne, a décidé l’année dernière d’ouvrir en plein 9e. Quartier branché, déco nature plutôt élégante mais pas trop voyante (on apprécie la grande table à l’entrée, en pensant à tous ces restos qui n’accueillent pas de groupes de plus de six personnes), on s’attable chez Orties avec envie, c’est déjà pas mal.

A midi, le menu n’est pas classique, un quatre temps (au prix raisonnable de 32 euros) aux portions légères, sorte de mini-dégustation pour business men/women qui évite de rouler jusqu’au boulot en sortant. On commence, avec ce petit tartare de veau et d’huitre, un classique de bistro moderne, caché sous un jus fermenté émulsionné. C’est tout en moelleux, plutôt rond que vif, très agréable, avec les dés d’huitre qui font leur petit électrochoc iodé à chaque fois qu’on tombe dessus.

A l’époque c’était les toutes premières asperges de la saison et la vue de cette assiette a provoqué chez moi un certain émoi. La cuisson est idéale, c’est ferme, légèrement amer, croquant, délicieux seul. On l’assaisonne d’une petite émulsion de parmesan et d’un jaune d’oeuf confit dans le sel, à utiliser avec parcimonie comme un petit condiment.

Si le dressage d’Orties fait dans le minimal, c’est que cela cache en fait une volonté infaillible de présenter le produit sans fioritures. Et après l’asperge, j’aime voir ce poireau entier, ferme, croquant, parfumé. Il accompagne un filet de chinchard cuit délicatement, des herbes et une quenelle de yaourt aux herbes (émulsionnée aussi me semble-t-il). La bonne idée ce sont ces gros quartiers de poire, juteux. Tous les assaisonnements visent plutôt le naturel que le pétaradant, c’est très délicat et plutôt réussi je l’avoue. Cela va bien avec le discours sur le sourcing, les petits producteurs et les saisons.

On termine sur une crème brûlée à la courge et une glace au pain noir. J’aime bien la glace (quasiment pas sucrée, peut-être même pas assez) et surtout cette grand tuile généreuse très croquante. La crème brûlée hélas est un peu liquide.

Un bistro intéressant donc, qui propose ce menu semi-dégustation assez novateur pour le midi !

24, rue Rodier, Paris 9.

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