Retour chez Anna pour un orgasme total

A l’ouverture, j’avais eu la chance de me rendre chez Anna, la deuxième adresse de l’équipe de Tannat, qui lançait là un genre de bar à vin/resto où l’on pouvait manger des trucs complètement indécents de gourmandise en sirotant un verre. Depuis le lieu a quelque peu bougé, formule midi, changement d’horaires, il était temps d’y revenir.

Et je vous le dis tout de suite, c’était un de mes repas préférés de 2018 (oui c’était peu avant les fêtes). Ce qui me surprend c’est la générosité de la cuisine d’Olivier Le Corre. Ce n’est jamais bourrin, loin de là, mais toujours d’un lâcher prise, d’une authenticité qu’on voit rarement, les goûts sont très francs, poussés.  On commence avec avec une huitre coiffée d’un tartare de saint-jacques, d’un peu de magret fumé et d’une crème légère et relevée. Le genre d’entrée que je ne prends jamais (pour le côté assemblage, pas pour les produits, que j’adore) et bien j’ai été bluffé, c’est frais, assaisonné à la perfection, plein de mâche.

Délicieux couteaux en persillade, une association que j’adore, j’en fais souvent l’été. Ici ils sont en plus gratinés à la ricotta, ça apporte une richesse, un crémeux, un réconfort, c’était absolument délicieux.

Dernière entrée, un arancini (arancino ? Je ne sais pas, désolé les italiens) à la bolognaise. Plutôt, l’entrée la plus faible ceci dit pour moi, la texture est chouette mais c’est plus timide en assaisonnement.

On passe aux plats (oui avec Andréa on se partage tout au resto, la vie n’en est que plus douce). Avec un petit côté cuisine ménagère de haute volée, les plats débarquent, lustrés et gargantuesques. Ici un cochon de lait fondant et tendre, avec tout ce qu’il faut de gras, bercé par des haricots coco, de la moutarde et de l’estragon. Une association qui coule de source pour un plat absolument irrésistible.

Cette volaille fermière est d’une cuisson épique, parfaitement moelleuse et juteuse, elle est nappée d’une crème de champignons et accompagnée d’ENORMES POMMES DAUPHINES dont je rêve encore la nuit, soufflées, croustillantes, magnifiquement irrégulières. Sur un même registre, ces deux plats sont un modèle d’exécution et de sincérité.

Très beau dessert (je pourrais réutiliser le mot « généreux » mais je crois que vous avez compris) : une grosse demi pomme bien confite, un sablé breton pas trop dur, un caramel au beurre salé bien cuit et une crème légère, c’est à la fois simple et pourtant délicat.

Voilà la tarte aux coings, un fruit que j’adore. Je ne sais pas si je l’aurais associé aux marrons mais ça fonctionne plutôt bien, le fruit, en brunoise confite, a une jolie tenue et son parfum s’exprime bien.

Je le redis, Anna est une adresse formidable, où tout le monde doit foncer ! Le menu midi est vraiment bien fait, toute la carte est dispo pour un entrée/plat/dessert à 33 euros.

134, rue Saint-Maur, Paris 11.

 

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